lundi 3 février 2014

LES CORAUX DE MARACAJAÚ ET LA RIVIÈRE DE PUNAÚ


Avis aux âmes sensibles: 
Les images qui suivent peuvent heurter la sensibilité de ceux qui vivent un rude hivers en ce moment même.
 

Après cette première semaine à Natal, qui m'a plus semblé être une semaine de vacances qu'une semaine de cours, place à une petite expédition dans la région Nord de Natal avec Alexinha, Clairesinha et Seginho.

Par ici les merveilles de la nature sont innombrables, malheureusement, elles ne sont connues que des touristes car elles ne sont accessibles que par l'argent. Autre petit bémol, elles ne sont accessibles qu'à travers des compagnies touristiques qui possèdent le monopole des lieux. Notre journée est donc inévitablement organisée, cadrée et chronométrée, mais c'est là l'unique façon d'approcher une des perles de la nature de l'Atlantique.

























Nous voilà donc embarqués dans un mini-bus touristique en direction de la plage de Maracajaú. 
Durant le voyage d'une petite heure, nous passons dans les quartiers Nord de Natal et je peux enfin découvrir la facette rurale de la région. Dommage que le bus passe si vite et qu'il ne me laisse pas le temps d'admirer toute cette diversité.







Je suis fascinée par la profusion des couleurs de cette zone qui contraste fortement avec la précarité des maisons.


  




Les façades multicolores transmettent la joie de vivre inhérente aux habitants de la région et voilent toute la vulnérabilité de ces constructions, cachée derrière les petites portes d'entrée protégées de fers et de briques.



Une fois arrivés à Maracajaú, petit village de pêcheurs, les instructions nous sont données et nous attendons le départ de notre catamarã devant l'océan, les cocotiers, les gallinazos con plumas, et les petits bateaux au repos sur la plage.
Les habitants du village, qui vivent avant tout du tourisme, nous accueillent le cœur grand ouvert et le sourire coloré au coin des lèvres.

 

Le voyage en bateau dure une trentaine de minutes, il nous mène à 7km au large de la côte où se trouve une réserve de coraux fabuleuse! Les coraux empêchent l'eau d'être profonde car le sable s'accumule autour d'eux, et quelques fois par an, la marée est si basse que les Hommes y ont pied !
Par chance, c'était le cas pile le jour de notre expédition !


Masques et tubas nous sont distribués, les portes qui mènent à l'océan sont ouvertes, et nous voilà libres de plonger au beau milieu de coraux, poissons, algues et toutes sortes de petites créatures appartenant à un monde si différent du notre, mais qui devient si attrayant lorsque l'occasion de le côtoyer se présente.
Je n'ai pas d'appareil photo sous-marin, je ne peux donc que décrire en quelques faibles mots les merveilles que j'ai pu apercevoir.
Au début, penser à toutes les créatures titanesques aux mâchoires déchirantes qui peuplent l'Atlantique m'effraiyait un peu. Entrer dans l'eau, loin de la terre ferme, savoir nos membres tous proches de poissons inconnus, cette petite peur qui ne dure que quelques instants peut paraître insurmontable. Mais une fois dans l'eau tiédie par les puissants rayons du Soleil, et une fois la tête mise sous l'eau transparente, la surprise est telle que l'envie d'y rester à jamais nous envahit.
Tout d'abord, c'est une horde de poissons qui accoure auprès du bateau, bien habitués à cette routine quotidienne, ils attendent que les touristes leur jette à manger et viennent savourer les algues agglutinées sous la coque de l'engin. C'est l'opportunité pour moi de voir la concentration de poissons (encore en vie) la plus importante de toute ma vie! Ensuite, m'éloignant des masses de touristes qui n'osent s'aventurer à plus de quelques mètres du catamarã, je prends mon courage à deux mains et pars à la découverte de cet univers onirique digne du monde de Némo!
Les coraux permettent l'existence d'une étonnante diversité de poissons: blancs, noirs, kakis, bleu foncé, bleu clair, bleu métallique, tachetés de orange, de jaune, à rayures noires verticales, horizontales, en zig-zag... D'autres espèces étaient également présentent comme un poulpe, des chenilles de mer (aucune idée de leurs nom scientifique!) et un spécimen dont je ne sais quel est la nature, car il s'assimilait plus à un extra-terrestre qu'à un mollusque ou un crustacé! Il était marron et transparent, il était composé d'une espèce de bec qui fluctuait (comme celui d'un colibri, mais en beaucoup plus large et flasque!) et à l'arrière son corps ressemblait à celui d'une méduse allongée, avec des espèces de petites ailettes sur le côté. Si un océanologue entendait cette description je pense qu'il porterait plainte contre moi!
Quant aux coraux, eux n'étaient pas si colorés comme l'imaginaire collectif tend à se les décrire. Leurs couleurs étaient plus éteintes, noir, gris, vert, marron, bordeaux... Mais leurs formes étaient toutes aussi surprenantes les unes que les autres! Parfois j'avais l'impression qu'un hippopotame se cachait dessous du fait des rondeurs que les coraux peuvent prendre. D'autre fois, ils s'assimilaient au cœur d'un pissenlit fané; ou encore à de simples roches recouvertes d'algues. La profusion de relief et de couleurs que j'observais contrastait radicalement avec le calme des fonds marins. Je n'entendais que ma faible respiration; tout le reste n'était que symphonie silencieuse bercée par le courant des eaux.




Au début de la journée, lorsque je me suis vue entourée de tous ces touristes avides de découverte dans ce bus propre et climatisé, j'ai failli regretter cette petite escapade du samedi, mais à peine mon visage submergé dans l'eau, j'ai immédiatement su que cette expérience valait bien ces quelques petits inconvénients.

 

La journée continue après cette première étape! 

Retour sur la côte pour: le déjeuner, récupérer le cliché que le jeune photographe sous-marin a pris de nous et repartir vers notre deuxième destination. 

Paolo et son âne

Mandacarim




En descendant du bateau, nous apercevons un jeune garçon qui se promène au dos de son petit âne. C'est l'occasion pour moi d'envisager un superbe dessin si j'arrive à le prendre en photo ! Marie-Claire lui demande la permission et la photographe officielle Alexia arrive à la rescousse pour le prendre en photo.
Je discute un peu avec lui et il m'explique qu'il gagne sa vie en se rendant tous les jours à la plage et en proposant aux touristes de le prendre en photo contre quelques pièces. Je lui demande son prénom et celui de son âne, je lui explique que j'aimerai le dessiner et nous lui donnons volontiers un petit billet avant de nous retirer.


















La rivière Punaú

Encore un petit trajet à faire un bus, mais cette fois, plus de villages, place aux incessantes dunes de sable et aux lagoas.
A notre arrivée, ce sont des petits singes (mico estrela) qui nous accueillent, perchés sur leurs branches, ils observent curieux les touristes passer, et attendent avidement qu'on leur donne de quoi grignoter. Leur met préféré: les picolés (glace à l'eau)!

Bébé mico
Faute de picolé, la banane fait aussi très bien l'affaire!

 La rivière se caractérise par sa couleur hors du commun. Ces eaux caramélisées prennent leur couleur au contact de petites plantes aquatiques présentent sur les rives du cours d'eau.


Quant au lieu... Je laisse les images parler d'elles-mêmes!




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