mardi 11 février 2014

JOUR DE PLUIE A NATAL

La première étape est d'arriver jusqu'à l'arrêt de bus pour me rendre à la fac. Le grand défit est d'y parvenir le moins mouillée possible, mais pour cela, il faut développer tout un tas de techniques et prier les dieux des sept cieux pour arriver suffisamment sèche en cours pour ne pas attraper froid avec la clim que le prof adore faire carburer au maximum.
Pour me rendre à mon arrêt de bus, je dois longer la Avenida Roberto Freire sur un assez large trottoir bordé par le Parque das Dunas (protégé par des barbelés) et la route, qui semble plus être un circuit de formule 1 qu'une avenue de la ville...
En temps normal, jusque là tout va bien. Mais par jour de pluie...
Étant donné qu'il existe des trous de partout, que la route est si mal construite qu'elle possède le relief d'une montagne russe, et que les voitures se foutent RO-YA-LE-MENT des piétons, il s'agit là d'un vrai parcours du combattant digne des pires télé réalités!
Après de longues et brillantes méditations, voilà le résultat:

Pour arriver à l'arrêt de bus par jour de pluie: choisir entre la tête ou le corps.
Si vous choisissez de protéger votre tête avec le parapluie, vous aurez le corps bien lavé par les éclabousssements ballénesques des voitures, camions, chariotes, bus et autre véhicules.
Si vous choisissez le corps, alors placez le parapluie de manière horizontale du côté de la route, essayant de suivre le mouvement des trombes d'eau qui vous sont projetées par les pneus (ou sabots), demandez gentiment aux arbres d'épargner votre humble âme, et marchez tel un funambule sur une corde sur le petit muret le plus loin possible de la route. Ne tombez surtout pas! Car sinon, vous risquez de vous retrouver dans une marre, un lac ou un lagon crasseux qui s'est fraîchement formé à l'occasion de votre passage sur le trottoir!
Ainsi, je vous assure mes amis, vous serez certains, par jour de pluie, d'assister à un splendide spectacle de Marineland au Brésil! Les orques seront là pour vous éclabousser, et quoi que vous fassiez, où que vous soyez, vous finirez mouillés!

Seconde étape: le bus. Déjà, par beau temps, on manque de finir nos jours dans l'autobus à chaque carrefour, alors par jour de pluie... Mieux vaut avoir marché dans une merde avant d'être sorti de chez soi! Mais les dieux sont avec nous, tout va bien!
Par contre... Lorsque les portes se rouvrent, et que je vois le merveilleux tapis rouge sur lequel le conducteur nous laisse pour descendre... je préfèrerai avoir cours dans l'autocar... Les portes s'ouvrent et il n'y a plus de trottoir! Juste de l'eau! Des rivières de partout dans la ville, les rues ne sont plus en pierre, elle sont liquides, elles s'écoulent, elles traînent tous les débris des terrains vague, elles éclaboussent encore! Et elles mouillent... beaucoup. C'est ici qu'intervient ma deuxième tactique:

Faire comme les brésiliens: HAVAIANAS! Havainas par beau temps, Havainas na praia, Havainas au mariage, Havaianas au travail, Havaianas par jour de pluie! Dans ce cas, descendre du bus est un jeu d'enfant! On saute, et hop une petite baignade dans la pataugeoire et la vie normale continue.
Dans le cas où vous êtes habitués à la culture européenne, Havaianas...??? Il n'y a qu'une seule solution. Prier... Prier pour que le bus s'arrête à un arrêt ou le déluge n'a pas encore frappé. Croyez le ou pas, cette technique marche, car en cours, peut être que j'étais trempée de la tête au chevilles mais mes chaussettes: elles étaient intactes! Moïse les avait épargnées!

 
Bref, ce n'est pas tout... Une fois à la fac, il reste quelques rivières (pleines de piranhas et anacondas) à traverser, des collines à franchir et des forêts à surpasser, mais l'essentiel est que: mouillée ou mouillée, je suis bien arrivée en cours! J'y suis arrivée! Pour qu'au bout d'une demi-heure, le prof nous dise:  
"Je suis vraiment désolé, ma femme est malade, je dois partir pour l'amener à l'hôpital..."

Bienvenue à Natal!

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